« Bernadette a disparu » de Maria Semple

« Bernadette a disparu » de Maria Semple

images-38Voici un roman qui a été défendu et présenté comme génial par beaucoup de blogs littéraires ! je me méfie toujours devant une telle unanimité mais cette fois-ci ma curiosité à été piquée au vif et j’ai donc lu ce livre !

C’est l’histoire rocambolesque de Bernadette célèbre architecte, de son mari Elgie Branch génial informaticien chez Microsoft et de leur fille Bee à Seattle.

Bernadette complètement asociale et décalée par rapport à la vie communautaire de Seattle vit dans son monde. Lorsque Bee annonce fièrement qu’elle souhaite un voyage en Antarctique comme récompense à ses bons résultats scolaires, le fragile équilibre de cette famille mal assortie va voler en éclats et partir en vrille totale.

Les rebondissements sont permanents, ce roman foisonnant, amusant et finalement émouvant fourmille de ressorts narratifs étonnants.

Il faut attirer l’attention sur la forme narrative. Les presque 400 pages que compte ce roman ne sont constituées que de correspondances entre les personnages ( mails, lettres, rapports, notes etc. ) . En tant que lecteur, nous découvrons l’histoire par le filtre de tous les personnages s’adressant les uns aux autres et sous une forme très originale .

On perçoit bien, dans cette écriture, la formation de scénariste de l’auteur.

C’est donc un roman très agréable et amusant à lire. Ce n’est pas de la grande littérature, mais les personnages sont attachants et ça pourrait bien être la lecture idéale sur les plages de vos vacances si vous voulez un roman prenant et original, vous ne pourrez pas le lâcher !

Editions Plon, collection Feux Croisés, 2013, 381p.

Note : 3/5

 

 

« Le présage du corbeau » de Don Rearden

« Le présage du corbeau » de Don Rearden

images-37Surfant sur la tendance des romans de « l’apocalypse » ou de la » fin du monde » Don Rearden nous livre un roman captivant sur une communauté d’Inuits en Alaska, les Yupiks, confrontés à une épidémie de grippe qui anéantit toute la société.

Un couple d’enseignants, John et Anna, venus chercher l’aventure pour une année scolaire, va au sein de cette communauté , essayer de surmonter cette épreuve. Mais personne ne vient les aider.

John va devoir partir seul, dans le froid, et la nature sauvage, sans nourriture, afin de savoir si le monde extérieur existe toujours. Il va rencontrer dans ses pérégrinations une jeune yupik aveugle et une veille femme qui vont le suivre dans sa quête.

L’auteur, Don Rearden, a été élevé et vit lui-même en Alaska perdu dans les montagnes, il connait parfaitement la culture de ces Inuits, leurs problèmes de société, leur isolement, et la destruction de leur culture.

Dans ce roman, que l’on ne peut pas lâcher, il décrit parfaitement la nature, le froid, l’angoissant isolement et surtout les problèmes profonds de cette société ancienne originelle qui n’arrive pas à concilier les apports du monde moderne et leur culture ancestrale. Cette société est rongée par l’alcool et le suicide chez les jeunes.

Cette épidémie de grippe qui ravage toute la région, est elle fortuite ? est elle la simple répliques d’autres pandémies anciennes ? ou est elle le fruit d’une conspiration dont John et ses deux compagnes d’infortunes sont les seuls rescapés ?

Le mystère et le suspense dure jusqu’à la fin…

La forme narrative, un peu déroutante au début, alterne à chaque paragraphe les retours dans le temps, entre l’arrivée du couple d’enseignants dans la région et la fuite de John pour trouver le salut .

Mais, très rapidement on s’adapte et l’histoire finit par faire un tout parfaitement cohérent.

J’ai adoré ce livre haletant où la nature et la société Yupik sont des personnages à part entière. Pour un premier roman c’est un coup de maître !

Editions Fleuve noir, 2013, 344p.

Note : 4/5

 

« Une visite surprise » de Claudie Pernusch

« Une visite surprise » de Claudie Pernusch

images-36Un très beau roman surprise pour moi, qui ne m’attendais pas à être scotchée par cette histoire lue d’une traite cette nuit !

Paulin, ex prof de maths reconverti dans le commerce de la poterie à Soulac, sa ville natale, reçoit comme une bombe, une « Mine » à retardement, la nouvelle de sa paternité. Une paternité subie, contrainte et forcée, 9 ans après une histoire sans lendemain avec la mère.

Juste au moment où sa vie prend enfin le cours du bonheur avec la femme de sa vie, une belle pharmacienne sensuelle et libre qui ne veut surtout pas d’enfants.

Hermine, dite Mine, la petite fille va faire exploser toutes les certitudes des personnages.

L’histoire peut paraître banale mais c’est sans compter avec l’écriture vive, nerveuse et tellement réaliste de l’auteur dans sa description des sentiments contradictoires des personnages. Nous passons avec tous les personnages de ce roman, par toutes les facettes des réactions humaines face à ce genre de nouvelle. L’empathie avec chacun d’eux est immédiate, chacun est profondément humain.

La violence faite aux hommes quand ils doivent assumer une paternité non voulue, non choisie, faite sans amour est remarquablement décrite.

Tous les personnages ont une épaisseur psychologique intéressante.

Un autre aspect du livre très touchant est la beauté poétique des descriptions de cette région du médoc qui va jusqu’au bout du monde de la Gironde !

L’auteur, originaire de Soulac, sait parfaitement nous faire apprécier cette petite station balnéaire vivant hors saison avec des habitants profondément enracinés dans leur terre.

Un livre qui mérite vraiment d’être découvert, très facile à lire, idéal pour une lecture sur une de nos belles plages girondines cet été …

Je remercie les Editions Belfond de m’avoir fait connaître ce roman.

Editions Belfond, 2013, 221P.

Note 4/5

« Une fille, qui danse » de Julian Barnes

« Une fille, qui danse » de Julian Barnes

images-35J’ai toujours beaucoup aimé les romans de Julian Barnes, le plus francophile des auteurs anglais. C’est donc avec un plaisir anticipé que j’ai abordé cette lecture, d’autant que toutes les critiques sont très élogieuses.

Le héros, Tony, un homme de 65 ans, arrivé à la retraite se souvient de sa jeunesse, il retourne sur les pas de ses amitiés adolescentes et sur ses premières amours compliquées. Il finira par enquêter sur son premier grand amour qui s’est mal terminé à l’aune de nouveaux éléments lui parvenant à la maturité.

Je ne vous cache pas que j’ai été déçue. C’est bien écrit et certains passages sur la mémoire sont très intéressants, en particulier les réflexions philosophiques sur la mémoire historique; mais le héros, Tony, m’a laissé de marbre.

J’ai trouvé qu’il passait son temps à s’apitoyer sur son sort et sur sa jeunesse. Qu’il cherchait constamment à se trouver des excuses dans ses errements.

Je n’ai pas eu d’empathie pour ces personnages. Le seul qui m’a paru intéressant est son ami intime Adrian !

Voici quelques extraits concernant sa réflexion philosophique sur la mémoire historique, thème qui est finalement le fil conducteur de tout le livre et de la vie de Tony :

 » A vrai dire, toute cette affaire d’attribuer une responsabilité n’est ce pas une sorte d’échappatoire ? Nous voulons incriminer un individu pour que tous les autres soient disculpés. Nous incriminons un processus historique de façon à disculper des individus.  »

 » La question de l’interprétation subjective contre une interprétation objective, le fait que nous ayons besoin de connaître l’histoire personnelle de l’historien pour comprendre la version qui nous est présentée.  »

 » L’Histoire est cette conviction issue du point où les imperfections de la mémoire croisent les insuffisances de la documentation. »

 » Je sais pour ma part qu’il y a un temps objectif, mais aussi un temps subjectif, le genre de temps qu’on porte sur la surface interne du poignet, là où bat le pouls. Et ce temps personnel, qui est le vrai temps, se mesure dans notre relation à la mémoire. »

Voilà pourquoi en fin de compte, rien que pour ces réflexions, je vous conseille la lecture de ce livre.

Editions Mercure de France, 2013, 193P.

Note : 3/5

« Dans la peau de Sheldon Horowitz » de Derek B. Miller

« Dans la peau de Sheldon Horowitz » de Derek B. Miller

images-34Voici un roman beaucoup plus complexe et profond qu’il n’y parait lorsqu’on lit la 4ème de couverture . Bien écrit et facile à lire, ce livre promet d’accompagner agréablement vos moments de lectures de vacances.

 Sheldon Horowitz est un vieil homme juif de 85 ans déclaré sénile par sa femme, qui après la mort de celle-ci se voit contraint de quitter New York pour habiter à Oslo chez sa petite fille Rhea et Lars son mari norvégien. Ce grand-père râleur, bougon et ronchon critique tout ce qu’il découvre de la Norvège si loin de sa vie d’horloger juif en retraite à New York. Un jour, en l’absence de sa petite fille, il est le témoin d’une agression mortelle sur une jeune femme serbe accompagnée de son fils. Terrorisé et persuadé que l’enfant court également un danger imminent, il s’enfuit avec lui à travers la Norvège.

Telle est la trame de l’histoire, nous suivons alternativement, l’enquête policière, les recherches de Rhea et Lars, la fugue de Sheldon avec l’enfant serbe et les méchants Kosovars qui les traquent.

En parallèle, les chapitres alternent des flashs back avec le passé de Sheldon et c’est là que le roman prend tout son intérêt. Nous découvrons, dans des récits réels ou fictifs l’histoire de Sheldon, aux Etats Unis et durant la guerre de Corée. Mais surtout sa grande blessure, la mort de son fils lors de la guerre du Vietnam dont il se sent responsable.

La personnalité de Sheldon se révèle particulièrement complexe et attachante lors des retours sur son histoire et son passé . L’histoire juive pèse lourd dans ses choix, dans son départ pour la guerre de Corée, mais aussi dans le départ de son fils pour le Vietnam. La culpabilité, le mélange entre la fiction et la réalité, la dynamique narrative donne un roman très riche où l’intrigue n’est qu’une excuse à un questionnement plus profond sur les conséquences des guerres ( que ce soit la 2ème GM, la Corée, le Vietnam ou le Kosovo ) sur l’engagement des hommes et les répercussions psychologiques.

Je dois dire que j’ai mis un peu de temps pour entrer dans cette histoire et me dégager de la contrainte de l’alternance des points de vue et du temps. Mais au final il reste un personnage, Sheldon, extrêmement attachant par ses engagements, ses contradictions et ses excès dont il va payer le prix fort.

C’est donc un roman que je recommande entre polar et réflexion sur la guerre, entre humour et angoisse, entre enfance et grand âge.

Merci à Babelio, Masse critique ainsi que les éditions Les Escales pour m’avoir permis de découvrir ce roman.

Editions Les Escales, 2013, 417p.

Note : 4/5

 

« Long Cours » et « Bouts du monde, carnets de voyageurs »

« Long Cours » et « Bouts du monde, carnets de voyageurs »

Le printemps s’installe enfin, la chaleur estivale pointe le bout de son nez, les envies de vacances et de voyages aussi . En attendant de pouvoir partir ou si vous ne pouvez pas réaliser vos rêves d’évasion, je vous propose de découvrir 2 magnifiques revues de voyages. Ce sont des revues littéraires proches du concept de la fameuse revue XXI, proposant de longs articles avec des illustrations à base d’aquarelles ou de photos. Les deux se complètent ayant une approche différente du récit de voyage.

images-32La première « LONG COURS », propose des articles essentiellement rédigés par des écrivains nomades de toutes nationalités ou de grands reporters érudits avec une approche originale qui n’a rien à voir avec les magazines d’informations ou de tourisme. Chaque article est un vrai voyage dans un univers à la fois géographique et littéraire. Le numéro du printemps 2013 propose notamment :

-Chili, pays de ma mémoire par Luis Sépulveda

-Le patrimoine Syrien en danger par Hala Kodmani

-Adieu aux glaces de Sylvain Tesson

-Sur les chemins de compostelle par Jean-Christophe Ruffin etc.

 

 

 

images-33La deuxième « BOUTS DU MONDE », carnets de voyageurs, est une revue superbe avec une approche radicalement différente puisqu’elle propose des articles, des extraits de carnets de voyage de tout un chacun. Chacun d’entre nous qui voyage et sait rédiger peut proposer ses textes, photos et dessins. Cela donne des articles très variés, et originaux avec des approches très personnelles.

Le numéro 14 propose des articles sur :

-Zanzibar en vélo

-Buénos Aires

-Les Rickshaw-wallahs de Dhaka

-La Birmanie etc.

Les deux revues sont trimestrielles et s’achètent en librairie. Elles coûtent l’une et l’autre 15 euros pour 150 à 200 pages chacune.

Allez les regarder et les feuilleter vous ne le regretterez pas !

« La femme lion » de Eric Hansen

« La femme lion » de Eric Hansen

images-31Cette histoire dérangeante raconte la vie d’ Eva, petite fille norvégienne, née au début du XXème siècle avec une anomalie génétique rare, l’hirsutisme. Un abondant pelage doux recouvre tout son corps et la fait ressembler à un petit lionceau. Sa mère étant morte à sa naissance, son père un modeste chef de gare d’une petite ville de province, doit faire face au regard des autres. Il maintient enfermé sa fille chez lui afin de la protéger de la curiosité malsaine. Eva va donc grandir dans un univers de solitude et de lecture où son intelligence et sa sensibilité vont faire exploser les murs de son isolement.

Sa maladie fascine le corps médical qui va s’arracher l’étude de son cas. Son histoire bascule lorsqu’arrive la confrontation inévitable avec le monde extérieur. La méchanceté et la dépravation vont forger le caractère de cette jeune fille très attachante qui va se rendre compte de son pouvoir fascinant et finir par devenir manipulatrice de son entourage.

L’auteur arrive a traiter d’un sujet très délicat sans tomber dans le voyeurisme, l’exploitation facile des personnes souvent perçues comme des monstres de la nature. Il y a beaucoup d’amour dans ce livre même si celui ci n’est jamais exposé.

Ce roman n’est pas facile à lire, l’auteur a une écriture exigeante de son histoire mais l’effort de lecture est récompensé par une histoire que l’on ne peut pas oublier avec des personnages extrêmement attachants.

Éditions Gallimard,coll. du Monde Entier, 2011, 452p.

Note : 4/5

« Froid mortel » de Johan Theorin

« Froid mortel » de Johan Theorin

images-30J’ai toujours beaucoup apprécié les policiers/thrillers de Johan Theorin ( » L’écho des morts », « L’heure trouble » ou « Le sang des pierres » ), à chaque parution d’un nouveau titre de cet écrivain suédois, je me suis précipitée pour le lire et je n’ai jamais été déçue. J’appréciais particulièrement ces romans pour leur ambiance très particulière où la nature très présente est toujours un personnage à part entière. Les histoires des hommes étaient liées aux histoires des îles, des landes marines, des légendes…

Dans ce dernier roman, « Froid mortel », Johan Theorin nous projette dans une toute autre atmosphère.

Ce roman raconte l’histoire d’un jeune homme, professeur de maternelle/ puériculteur, qui postule dans une école maternelle bien particulière, puisqu’elle elle dépend d’un hôpital psychiatrique, l’hôpital sainte Barbe, qui héberge de dangereux malades mentaux. La direction a pour projet de ne pas séparer les enfants des parents internés, il y a donc cette école maternelle qui est mitoyenne de l’hôpital sans en faire partie vraiment, où se retrouvent les enfants des personnes internées. Un couloir souterrain la relie à l’hôpital et permet aux enfants de rendre des visites à leurs parents.

On va vite comprendre que Jan Hauger, le jeune professeur a un passé plutôt trouble et que ces motivations pour postuler à ce poste ne sont pas sans arrières pensées. Sa fascination pour se qui se passe de l’autre côté des barbelés, dans l’hôpital Sainte Barbe n’a rien à voir avec les enfants dont il s’occupe. Le passé de chacun des personnages va revenir à la surface et faire exploser des secrets inavouables .

Johan Théorin, nous propose une thriller psychologique dans un contexte complètement différent de ses précédents ouvrages et je dois dire que j’ai eu du mal à entrer dans celui-ci, à m’attacher aux personnages.

Il m’a fallu bien 200 pages (sur les 448p.) pour être vraiment accrochée et avoir le sentiment que l’histoire décollait et que je ne pourrais plus la lâcher.

Mes sentiments sont donc mitigés sur ce roman, déroutée par le changement de style de l’auteur et l’installation de l’histoire que j’ai trouvée trop longue, j’ai finalement été happée par les intrigues mais avec un certain détachement, peu d’empathie.

Pour ceux qui ne connaissent pas l’auteur et voudraient le découvrir, je recommanderais plutôt « L’heure trouble » ou « l’écho des morts ». Je trouve plus d’originalité à son univers quand il fait du policier ancré dans la nature nordique.

Editions Albin Michel, 2013, 448p.

Note : 3/5

« El Ultimo lector » de David Toscana

« El Ultimo lector » de David Toscana

images-28Voici encore un livre comme je les aime, loufoque, déjanté, jubilatoire, cocasse, bref qui sort de l’ordinaire des romans actuels.

Il faut dire que c’est un roman mexicain et que la littérature sud américaine est connue pour être dégagée des oeillères de la littérature européenne, dans les thèmes mais également dans le style .

El Ultimo lector ne fait pas exception, c’est un livre qui nécessite une certaine concentration mais quel bonheur quand on se laisse porter par l’écriture et la verve de l’auteur qui m’a fait penser à Gabriel Garcia Marquez.

L’histoire est celle d’un tout petit village mexicain, Icamole, perché sur le mauvais côté de la montagne, celui où il ne pleut jamais, celui où sévit la sécheresse.

Un jour, un paysan, Rémigio, le seul qui a encore un puits avec de l’eau, découvre en son fond le corps d’une fillette inconnue.

Dans le contexte historique du village, cette découverte le terrorise, il craint qu’on le désigne coupable de ce meurtre. Il fonce donc voir son père Lucio, le bibliothécaire du village pour lui demander conseil.

Cette enquête pour trouver l’assassin de cette petite fille n’est qu’un prétexte, en fait les personnages principaux sont Lucio le truculent bibliothécaire improbable d’un minuscule village où personne ne lit et la littérature elle même !!!

Lucio, qui a été nommé bibliothécaire par hasard grâce à une mesure culturelle gouvernementale, s’est pris au jeu et ne vit que pour ses livres, même depuis que la Région lui a retiré tout subside et lui a intimé l’ordre de fermer la bibliothèque faute de lecteur.

« Lucio envoya une lettre pleine de colère aux autorités de l’Etat, déclarant que si l’eau est d’autant plus nécessaire en plein désert, comme la médecine l’est à la maladie, les livres sont d’autant plus indispensables là où ne personne ne lit .  »

Lucio a une conception bien particulière de la sélection de livres à intégrer dans sa bibliothèque et de la censure, les livres qui ne lui plaisent pas selon des critères très personnels sont donnés à manger aux cafards dans une pièce dédiée.

A l’occasion d’un symposium de bibliothécaires dans la capitale régionale voici une de ses remarques :  » Un spécialiste avait expliqué la manière de ranger les livres selon le sujet, la date de publication… Jamais il n’avait parlé de séparer les bons livres des mauvais.  »

Il fustige la littérature formatée américaine, occidentale qui perverti le lecteur.

Et c’est donc tout naturellement que les conseils qu’il donne à son fils afin de gérer le problème du corps et la recherche du coupable, il les trouve dans la littérature et notamment dans l’histoire d’une petite fille Babette issue d’un roman français qu’il affectionne.

Il faut préciser que, sur la forme, l’auteur passe de la narration de l’histoire à la citation d’extraits de livres de la bibliothèque de Lucio sans aucune précision de ponctuation ou de mise en page. Ce qui fait qu’au début , on peut être un peu perdu, ne pas savoir si on est dans l’histoire ou dans les livres de l’histoire. Mais finalement, rapidement on s’habitue et ça fait partie du charme et de l’objet de ce livre… tout est romanesque, tout est littérature.

Il faut juste lâcher prise sur ses réflexes habituels et se laisser porter par le charme indéniable de cette langue.

A lire !!!

Ed. Grasset, 2009, 214p.

Note: 5/5

« Patagonie intérieure » de Lorette Nobécourt

« Patagonie intérieure » de Lorette Nobécourt

images-27Un petit bijou de littérature de voyage à ne pas manquer ! 109 pages de pur bonheur d’écriture pour qui aime voyager, penser le voyage, être autre chose qu’un touriste prisonnier dans des schémas pré-digérés de visites en overdose.

Je n’ai qu’une crainte celle de ne pas arriver à vous convaincre de le lire, vous, voyageur dans l’âme.

L’auteur se rend en Patagonie avec pour objectif de vérifier, valider les éléments géographiques et historiques du héros de son prochain roman en cours d’écriture. Mais cette raison est un alibi, ce voyage en Patagonie, elle en a toujours rêvé et il suscite en elle des révélations sur LE voyage en lui même. La façon d’aborder un voyage est une sorte de révélateur sur la connaissance de soi. C’est autant un voyage géographique qu’un voyage intérieur, qu’elle découvre au fil des étapes.

Ses commentaires et réflexions sur les raisons profondes qui nous poussent à voyager, sa vision de la découverte, tout est parfaitement écrit dans une langue magnifiquement maîtrisée.

Ses descriptions des paysages sans fin sont à couper le souffle.

L’approche est très littéraire, il faut le préciser. Mais quel bonheur de lecture !

Je ne connais pas la Patagonie, même si j’en rêve, mais cet ouvrage aurait pu parler de l’Islande que je connais. Même dépaysement, même sensation que l’on rentrera différent de ce voyage.

Quelques extraits choisis pour vous donner un avant-goût :

  • «Quelle est cette quête d’un ailleurs qui n’existe qu’à l’intérieur de nous même?»
  • «Et faut il toujours reconvoquer l’épreuve du manque pour être augmenté de la présence par l’absence ?»
  • «Peux-t-on finalement, transmettre héritage plus précieux que celui de la soif suscité par le manque ?»
  • «Le paysage me rentre dedans. Je sens déjà la mémoire que j’en porte dans la poitrine pour l’avenir, lorsque de retour là-bas qui sera mon ici de demain, je réveillerai les images.
  • «Ce que je vois, ici: c’est la terre qui nous regarde. Et c’est cela qui nous fait si timides… Dans les fjords, les fragments de terre sont des lettres perdues qui cherchent leur phrase. Alors, nous ne pouvons que faire silence.»
  • «Je pousse la porte. Je suis dehors, non je suis dedans, je suis dans l’envers du monde. Il existe un envers du monde qui est à l’endroit. Et c’est ici . La Patagonie c’est cela, ce n’est pas le bout du monde mais son envers à l’endroit, où se dressent majestueux les dieux et déesses qui peuple cet univers enversé
  •  «Ce n’est pas un paysage c’est une porte… cette porte ouvre à l’intérieur de soi.»
  •  «En arrivant à Punta Arenas, une publicité me saute aux yeux … » En Patagonie les chats ne sont pas domestiques » un énorme puma illustre le slogan. Cela m’enchante.»
  • «Ushuaïa, ce n’est pas le bout du monde, non, seulement une petite ville où les magasins le prétendent.»
  • « La démesure n’a que la mesure pour avoir accès à elle-même. L’infini ne possède que la limite pour exister. « 
  •  «Il n’y a rien-rien-rien- Sinon des étendues illimitées qui profanent l’habitude du regard et le forcent à se perdre…Rien, des autruches, comme de drôles de chapeaux mondains égarés, plumes au vent.»

Chaque phrase de ce petit livre arrive en résonance dans notre façon de concevoir le voyage.

A LIRE A RELIRE ET A OFFRIR !!!!

Editions Grasset, 2013, 109p.

Note : 5+/5

« Le dernier homme de la tour » d’Aravind Adiga

« Le dernier homme de la tour » d’Aravind Adiga

images-26Ce roman raconte l’histoire actuelle d’une communauté d’hommes et de femmes vivant dans la quartier de Vakola à Mumbai ( anciennement Bombay) dans la célèbre résidence Vishram construite au début des années 60.
Grace à la construction de cette premiere résidence, ce quartier est sur la voie de devenir une banlieue convenable.
Cette résidence construite dans un quartier de bidonvilles et de taudis à proximité de l’aéroport est le symbole de l’accès à une propriété de qualité, de l’émergence d’une classe moyenne issue de toutes les communautés et dont la vie ensemble a un sens et une importance sociale primordiale . Comme le dit l’auteur, ” Un homme est ce que disent ses voisins. Dans les immeubles anciens, la vérité est un bien commun, un consensus d’opinions.” p307.
Cette résidence Vishram est composée de 2 tours, la tour A héberge les copropriétaires historiques de l’origine de la construction.
Ils forment une communauté d’intérêts et de relations sociales très poussée ou les relations humaines sont vitales , le désir de respectabilité à quasi remplacé le système de castes présent dans les campagnes.
Alors quand un promoteur immobilier arrive dans cette résidence pour proposer de racheter les 2 tours afin de les démolir et les remplacer par des immeubles de grand standing, tout l’équilibre sociale explose.
La compensation financière est importante pour tous les copropriétaires mais l’argent ne sera touché par chacun que si un accord à l’unanimité est trouvé.
L’appât de l’argent fait se disloquer l’intérêt commun pour une défense de ses intérêts propres. Petit à petit, et parfois sous la pression, tout le monde cède aux sirènes de la fortune excepté un homme, professeur à la retraite respecté, Masterji.
Toute la trame du livre tourne autour de ce combat entre les membres de cette communauté elle même, mais aussi entre cette classe moyenne et les représentants de la force de l’argent à tous prix, de ces promoteurs, sans scrupules qui transforment aujourd’hui le Mumbai d’autrefois en Bombay qui se veut devenir un petit New york.
Le combat de Masterji est touchant et symbolise le respect de valeurs morales et éthiques.
L’intérêt principal de ce roman est une description minutieuse, a travers les différents personnages, de l’évolution de la société de Mumbai dans son explosion architecturale.
L’écriture fouillée très imagée, permet de visualiser les scènes comme des tableaux impressionnistes, de sentir les odeurs, d’imaginer le grouillement de la foule .
J’ai beaucoup aimé ce livre pour cet aspect quasi documentaire de la vie à Bombay. Cet aspect là et seulement celui là, justifie la longueur du roman. Car sinon, en ce qui concerne uniquement l’histoire cela aurait pu être beaucoup plus court. J’ai failli abandonner à mi-chemin, l’objectif de cette chronique m’a obligée à poursuivre ma lecture et finalement je ne le regrette vraiment pas.
Un livre très intéressant que je conseillerai certainement.

Ed. Buchet Chastel, 589 pages, 2012.
Note: 4/5

Cesare Tome 1 et 2 par Fuyumi Soryo

Cesare Tome 1 et 2 par Fuyumi Soryo

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C’est en lisant le blog  » les quotidiennes de Val » que j’ai découvert ce manga. Autant vous dire que je ne suis pas du tout une lectrice habituelle de mangas, ma seule expérience étant « Quartier lointain  » de Jiro Taniguchi que j’avais trouvé sympathique mais qui n’a pas été une révélation .

Dans le cas de Cesare mon attention a été attirée car il raconte l’histoire de la famille Borgia durant la renaissance italienne, l’ancrage historique en plein XVème siècle m’a intéressée.

Avant de vous résumer l’histoire, je tiens à vous dire que j’ai été bluffée par la qualité des recherches historiques tant du point de vue iconographique que bibliographique . La liste des références en fin de volume en témoigne et la supervision de l’ouvrage par l’historien Motoaki Hara, spécialiste de la littérature et de l’histoire italienne, enseignant à l’université de Tokyo donne tout son crédit au récit.

J’ai donc découvert un manga aux dessins et reproductions d’une qualité et d’une finesse de trait incroyable avec une justesse historique dont on ne peut douter .

Je n’ai pu lâcher ma lecture qu’à la fin du 2ème tome, même le vocabulaire utilisé par les personnages est châtié.

Voici le résumé des tome 1 et 2 :

Angelo Da Canossa, jeune petit fils de tailleur de pierre, arrive à la célèbre université de Pise, La sapienza, parrainé par Lorenzo de Médicis qui a repéré son potentiel.

Cette université dans laquelle il va suivre l’enseignement du droit canon est fréquenté par les plus grandes familles européennes dont les Médicis, les Borgia et les dominicains. Les étudiants se regroupent selon leur région d’origine et ne se mélangent pas entre eux, Angelo fait parti de la Fiorentina et Cesare du cercle des espagnols.

Angelo qui par sa naîveté commet gaffes sur gaffes, s’attire les foudres des différents cercles et doit apprendre les règles qui régissent l’université et cette ville.

Cesare, contre toute attente, prend en amitié Angelo et apprend à ce jeune homme innocent les rivalités politiques, religieuses et commerciales qui régissent la ville de Pise.

Ce premier tome met en scène les principaux protagonistes de l’histoire et le contexte historique et religieux de l’époque.

Dans le deuxième tome, l’amitié entre Angelo et Cesare Borgia se renforce en dépit de leurs différences de milieux sociaux et géographiques.

Nous découvrons dans ce deuxième tome tous les dessous des rivalités religieuses, les complots et machinations pour faire élire le pape dans sa propre famille etc…

Dans ce volume apparaissent également d’autres personnages historiques tels que Christophe Colomb et Léonard de Vinci ! Gageons qu’ils auront une part importante dans la suite de cette histoire qui comporte, au Japon, près de 10 tomes !

Le tome 3 devrait bientôt sortir en France.

Autant vous dire que j’ai hâte de lire la suite et je recommande chaudement à tous les passionnés d’Histoire de lire ce manga.

Editions Ki-OOn, 2013

Note : 5/5

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« La vérité sur l’affaire Harry Quebert » de Joël Dicker

« La vérité sur l’affaire Harry Quebert » de Joël Dicker

images-24Ce roman écrit par un auteur suisse francophone se passe entièrement aux États Unis .
Il raconte l’enquête d’un jeune écrivain à succès en panne d’inspiration, Marcus Goldman, sur son maître a penser de toujours, le plus grand écrivain de sa génération, Harry Quebert, lorsqu’il apprend que celui ci est accusé de meurtre sur une jeune fille de 15 ans.

Un roman qui tient indéniablement en haleine de bout en bout malgré quelques longueurs au milieu du livre. Ce qui m’a le plus intéressée en fait n’était pas tellement la résolution de l’enquête sur qui a tué cette jeune fille de 15 ans, mais plutôt l’environnement de l’enquête , le processus de création littéraire, la description du cynisme commercial des éditeurs aux États Unis, les réactions de la société américaine face à un fait divers tel que celui là mais aussi le rapport à la célébrité, les faux semblants et les imposteurs.

La construction littéraire aussi est particulièrement intéressante, chaque chapitre numéroté dans le désordre correspond à un conseil littéraire du ” grand écrivain”, il y a une mise en abîme de la rédaction d’un livre, des romans dans un roman…rien n’est chronologique.

J’ai regretté le manque de crédibilité de l’histoire d’amour entre Harry Quebert et Nola, en tous cas telle qu’elle est relatée dans ” les origines du mal”, le livre dans le livre, c’est plat, limite gnian gnian, pas crédible.
La bousculade de rebondissements à la fin du roman, tient en haleine certes, mais devient une ficelle trop grosse et finit par être très confusante …

En résumé je suis partagée, j’ai lu ce livre de bout en bout sans le lâcher, donc de ce côté c’est une réussite, mais je déplore quand même beaucoup de faiblesses dans la trame narrative de base.

 

Éd. de Fallois / l’âge dHomme, 2012, 664p.

Note: 3/5

« Le Magicien de la finance » de R. K. Narayan

« Le Magicien de la finance » de R. K. Narayan

images-23Dans un petit village du sud de l’Inde, Margayya avec sa petite boîte en fer blanc et ses registres, se prend pour un banquier des pauvres sous un banian, à l’abri du soleil. Installé juste en face de la banque officielle locale, il offre son propre système de crédit aux paysans locaux. Sa vie est rythmée par ses journées sous le banian, où il essaye de faire croire à tous avec arrogance qu’il est indispensable et sa vie chez lui avec sa femme et son fils unique adoré qui le fait tourner en bourrique.

Margayya, en tant qu’homme d’affaires redoutable, ne veut pas se contenter de ses petits bénéfices et après une altercation avec un responsable de la banque locale, décide de voir plus grand. Ayant bien pris soin de faire appel, dans les règles de la religion, à la déesse de la prospérité Lakshmi, il va investir ses dernières roupies et faire fortune dans l’édition d’un texte sulfureux sur les pratiques sexuelles .

Il va par la suite, avec l’argent gagné dans l’édition se lancer dans un système bancaire terriblement attractif pour la population. Son système d’enrichissement, qui fait penser à l’affaire Madoff le fraudeur américain, l’oblige à travailler toujours plus pour rester à flot…

L’ascension n’aura plus de limite pour cette homme qui considère la fortune comme un objectif de vie et dit que l’argent est fait pour être amassé et non pour être dépensé. L’argent lui donne la puissance et lui permet de tout contrôler et manipuler autour de lui mais son fils qui est un insolent fainéant, va le faire courir à sa perte. Ce fils, qui a été tellement gâté, veut toujours plus et ne sera jamais satisfait de ce qu’il reçoit de ce père. Il va l’amener au drame.

Ce texte magnifique à l’écriture poétique est quasiment une fable sur la société indienne avec ses traditions et ses ambitions parfois antagonistes.

L’humour et la dérision sont toujours sous jacents… les caractères et les situations sont souvent caricaturaux et excessifs comme semble être l’âme de ce continent.

Un vrai voyage dans le temps, dans l’espace et dans une culture très riche en contradictions .

Ed. Zulma, 2013, 365p.

Note: 4/5

« Un blanc » de Mika Biermann

« Un blanc » de Mika Biermann

images-22Tout d’abord merci à la Librairie Mollat de m’avoir fait découvrir ce livre !

Une expédition scientifique improbable prend la mer direction l’Antarctique avec comme objectif supplémentaire d’envoyer un feu d’artifice du pôle sud afin de fêter l’arrivée de l’an 2OOO.
Résumé comme cela, on croit s’attendre à un énième compte rendu d’expédition en Antatrctique, mais absolument pas. C’est un récit complètement déjanté écrit à partir des carnets de bords ou reconstitutions orales de chacun des principaux participants.
Ce voyage vire quasi immédiatement au cauchemar et les aventures loufoques de cette équipée tient en haleine autant par les rebondissements que par les styles d’écritures inédits dans ce genre d’ouvrages. Chaque personnage raconte sa version et sa partie de l’aventure avec sa faconde, son style et sa personnalité !
C’est drôle, c’est prenant !

Tous les personnages sont bien campés presque typés, mais tous très attachants.

Un texte vraiment à découvrir très vite et qui n’a qu’un seul défaut (ou est ce finalement sa force ?) celui d’être trop court !

Editions Anacharsis, 2013, 131p.

note : 4/5

 

« L’éléphant » la revue de culture générale n°2

« L’éléphant » la revue de culture générale n°2

images-21Vous êtes curieux de tout, vous avez toujours envie d’apprendre quelque soit votre âge ? Une nouvelle revue est disponible pour vous en kiosque : L’éléphant !

J’ai envie de vous en parler car le concept m’a emballée et me semble unique sur le marché : c’est une revue trimestrielle de culture générale transdisciplinaire. Une idée désuète à priori, à l’heure où la connaissance est à portée de tous sur internet, mais qui d’entre nous va chercher, sans raison des infos sur des domaines complètement ignorés ?

Et pourtant tous les domaines de connaissances sans exception nous aident à comprendre le monde d’aujourd’hui et à nous projeter dans l’avenir .

Leur 4ème de couverture est d’ailleurs un manifeste sur l’intérêt d’une culture générale remise à jour et assimilée :

  • savoir c’est comprendre,
  • savoir c’est être libre,
  • savoir c’est être égal,
  • savoir c’est retenir.

Ce deuxième numéro aborde des sujets aussi variés que :

  • Schopenhauer ou la douleur de vivre,
  • l’insécurité vieille comme l’humanité,
  • les céréales un enjeu de géopolitique
  • la peinture est une image et une matière,
  • Une carte mondiale du bonheur,
  • ainsi que de nombreux autres sujets…

Les articles sont rédigés par des scientifiques, des professeurs spécialisés dans la matière ou des experts reconnus dans le domaine traité. L’approche est toujours pédagogique mais ludique et intelligente, elle se prolonge via internet sur un site dédié où chacun peut s’amuser à se tester par des quizz, des programmes d’entraînement personnalisés etc.

Dans ce dernier numéro Jean Claude Ameisen est le grand témoin et Jean Louis Etienne raconte sa vision de la recherche et du partage de celle-ci :  » On ne pousse pas ses limites , on les découvre  »

Vous l’avez compris je suis enthousiaste.

On a tous un socle de culture générale plus ou moins solide, mais nous faisons tous des impasses sur certains sujets et un rafraîchissement des connaissances est toujours enrichissant. C’est aussi une revue qui donne envie d’apprendre sur des sujets ignorés et d’approfondir les domaines connus.

Cette revue est à mettre entre toutes les mains de 15 à 95 ans !!!

trimestrielle éditée par Scrineo, 150 pages environs , prix 15 euros

site internet : www.lelephant-larevue.fr

« Que Tal » de Daniel Arsand

« Que Tal » de Daniel Arsand

images-20Un livre magnifique, émouvant, bouleversant sur la relation de l’écrivain avec son chat Que Tal, mort en 2005.
Grâce à son écriture superbe, très littéraire, l’auteur nous emporte dans les méandres de sa vie, de sa relation avec les morts, la mémoire et l’écriture. Que Tal, son chat adoré est évoqué avec beaucoup de délicatesse et m’a émue aux larmes durant ma lecture. Le deuil d’un animal est de l’ordre de l’indicible .
Ce livre n’a qu’un défaut, il es trop court ! mais il m’a fait découvrir un grand écrivain.
A recommander à tous les amateurs de chats ET de bonne littérature.

Editions Phébus, 2013, 96p.

Note : 5/5

 

« L’Embellie » de Audur Ava Olafsdottir

« L’Embellie » de Audur Ava Olafsdottir

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C’est l’histoire d’un road trip improbable d’une jeune femme de 36 ans qui vient d’être quittée par son mari et qui part, accompagnée du jeune fils de sa meilleure amie Tumi, 4 ans, sourd et presque aveugle, sur l’unique route autour de l’Islande vers l’est . Vers la recherche de son passé, vers la quête de sens de sa vie…
Elle, que son mari à quitté, entre autres parcequ’elle ne voulait pas d’enfants se retrouve à apprivoiser ce petit bonhome avec qui la communication est une gageure.
Cette femme, traductrice de métier, qui parle 11 langues, semble connaître des problèmes de communications avec ceux qu’elle aime…
Ce voyage autour de l’Islande en novembre sous une pluie constante est comme
une thérapie, une réflexion sur ce que doit être sa vie, sur ce qu’elle a été, ses traumatismes de l’enfance évoqués par touches elliptiques.
Impossible de parler de ce livre sans parler de la présence puissante de la nature.
Connaissant ce pays fascinant et étrange que j’ai eu la chance de visiter, ce livre prend une force d’évocation incroyable quand on connaît les paysages parfois lunaires de la lande islandaise.
Vous l’avez compris, j’ai adoré voyager avec ces personnage si sensibles, attachants et complexes dans ce pays fascinant…
Un dernier mot sur l’ecriture fluide et l’humour toujours présent de ce roman.
Encore un livre que je vais conseiller et offrir souvent cette année…

Editiions Zulma, 2012, 395p.

Note 5/5

« Voyage aux îles de la désolation » d’Emmanuel Lepage

« Voyage aux îles de la désolation » d’Emmanuel Lepage

 

images-14Une fois n’est pas coutume, je vous propose une bande déssinée, mais pas n’importe quel album. C’est le récit, réalisé par l’auteur, à partir d’un voyage sur le Marion Dufresne, bateau qui ravitaille les TAAF (les terres australes et antarctiques françaises) ! Ce bateau transporte essentiellement des scientifiques, des spécialistes des oiseaux et de la nature, des militaires, météorologues et dorénavant pour quelques touristes privilégiés, de l’île de la Réunion aux îles australes.

Ces voyages vers les îles de Crozet, des Kerguelen, Saint-Oaul et Amsredam (qui se trouvent à 2000km de l’antarctique environ ) sont magiques et encore sources de vraies aventures humaines et techniques.

L’auteur a la chance de faire ce voyage en tant que dessinateur afin de réaliser une sorte de reportage. La première partie est consacrée aux préparatifs du voyage puis à la vie sur le bateau et à la découverte des îles.

Le résultat est magnifique, les dessins et croquis sont précis et envoutants, sans parler des aquarelles somptueuses parfois en pleine page, porteuses d’une poésie incomparable.

Moi qui ai toujours rêvé de faire ce voyage, et lu de nombreux ouvrages sur le sujet, je suis sous le charme de cet album d’une grande qualité artistique et journalistique.

Une vraie invitation au voyage pour les amoureux des dessins et aquarelles…..

Editions Futuropolis, 2011

Note : 5/5

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« Emma », tome 1 de Kaoru Mori

« Emma », tome 1 de Kaoru Mori

images-25Pour ma première lecture d’un manga j’ai été plutôt heureusement surprise sur plusieurs aspects ( Cesare chroniqué il y a quelques jours a en fait été lu après celui-ci).

Tout d’abord la qualité de l’édition qui est indéniablement au dessus de la majorité des mangas et sur la qualité des dessins de Kuaoru Mori.
L’histoire quant à elle est une bluette qui n’a pas grand intérêt mais le contexte historique est beaucoup plus intéressant et très documenté: la vie Londonienne du XIXème siècle.
Cela raconte le coup de foudre amoureux d’une jeune servante Emma avec un jeune bourgeois, fils de gros commerçant, William, dont le père vise une ascension sociale via son mariage.
Les péripéties amoureuses ne sont intéressantes que par les dessins extrêmement fouillés de Kuaoru Mori.
Les visages sont très expressifs avec de nombreux détails mais aux traits simples.
Le plus impressionnant ce sont les détails de scènes de la vie Londonienne, la rue, les réceptions, la scène du bal ou encore la magistrale illustration de l’exposition universelle.
Ce Manga est en effet passionnant par la qualité de représentation des événements de l’époque, l’arrivée de l’automobile et le mode de vie dans les différents milieux sociaux.
En ce qui concerne les personnages, les 2 principaux ne sont pas arrivés à m’émouvoir, j’ai préféré les personnages annexes comme le mystérieux Hakim ou la maîtresse d’Emma, très touchante.
En conclusion, je recommande ce Manga pour ses qualités graphiques incontestables et la qualité d’illustration du contexte historique.
Rien que pour ces raisons, j’achèterai la suite, le tome 2 d’Emma.

Editions Latitudes, 2012, 380p.

Note : 3/5