Category Archives: Littérature nord américaine

« Dans le silence du vent » de Louise Erdrich – Rentrée littéraire

« Dans le silence du vent » de Louise Erdrich – Rentrée littéraire

images4ème de couverture : « Récompensé par la prestigieuse distinction littéraire américaine, le National Book Award, élu meilleur livre de l’année par les libraires américains, le nouveau roman de Louise Erdrich explore avec une remarquable intelligence la notion de justice à travers la voix d’un adolescent indien de treize ans. Après le viol brutal de sa mère, Joe va devoir admettre que leur vie ne sera jamais comme avant. Il n’aura d’autre choix que de mener sa propre enquête. Elle marquera pour lui la fin de l’innocence.  »

C’est la première fois que je copie une 4ème de couverture, mais cela me parait opportun avec ce livre, car pour moi il aura été un rendez-vous manqué. J’avais beaucoup entendu parlé de Louise Erdrich et j’étais certaine d’apprécier ce roman dont on dit tellement de bien. L’écriture est très belle, mais je ne suis pas arrivée à rentrer dans l’histoire et à être touchée par les personnages. Je ne dis pas que le livre m’a semblé mauvais, mais que cette lecture est arrivée pour moi au mauvais moment sans aucun doute. Au bout d’une semaine où chaque soir je repoussais la lecture je suis arrivée à la conclusion qu’il valait mieux abandonner en cours de route et le reprendre plus tard. Il fait parti de ces livres qui valent le coup de tenter une re lecture dans un état d’esprit différent.

je vous propose, pour vous faire une meilleure idée de ce roman, de lire la critique de Clara  ou d’écouter celle de France Inter …

Editions Albin Michel, 2013, 461p.

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« Esprit d’hiver » de Laura Kasischke – Rentrée littéraire 2013

« Esprit d’hiver » de Laura Kasischke – Rentrée littéraire 2013

images-46Ce roman poignant est un huis clos infernal qui se déroule sur la journée de Noêl entre une mère et sa fille de 15 ans, adoptée en Sibérie. Une intrigue psychologique où de la folie va surgir la vérité.

Holly, issue d’une longue lignée de femmes porteuses du gène du cancer, est la seule rescapée de sa famille. Elle même est obligée de se faire opérér des ovaires et du sein, en prévention, afin d’echapper à ce destin. Adopter un enfant, c’est rompre la malédiction des femmes de cette famille, Holly et Eric ont donc décidé il y a 13 ans d’adopter une petite fille russe, Tatiana, dans un orphelinat de Sibérie.

Le livre démarre un matin de Noël, alors que Tatianna a 15 ans. Les parents, à cause d’une grasse matinée non prévue, vont voir le programme de la journée bouleversée. Toute la famille d’Eric, ses parents, qu’il part chercher à l’aéroport, des amis, des collègues doivent venir partager le repas de Noël. Mais c’est sans compter sur une tempête de neige extraordinaire qui va bloquer tout le monde sur les routes. Ainsi La mère et la fille se retrouvent seules face à face.

Holly dès le matin a une sensation étrange qui la poursuit toute la journée, une phrase s’impose à elle, « Quelque chose les a suivi depuis la Russie jusqu’à eux »… Tatiana, qui a toujours été une petite fille magnifique, aux cheveux de jais, au teint pâle bleuté, au caractère doux, attentionné, commence a avoir un comportement des plus étranges qui perturbe sa mère.

On ne peut pas aller plus loin évidemment dans la description de l’histoire sans déflorer ce qui fait le choc du dénouement. Il faut donc surtout évoquer l’écriture de Laura Kasischke, qui arrive à dépeindre avec une précision à la Hitchcok, la montée en puissance de l’étrange, de la tension, de l’angoisse et  de l’incompréhension .

Il y a peu d’action, tout est dans le subtil basculement de la normalité à la folie. La narration alterne cette journée de Noël avec la période de l’adoption de Tatiana dans cet abominable orphelinat russe. Le passé éclairant petit à petit le présent.

Ce roman parle du poids de la culpabilité inconsciente qui pèse de plus en plus lourd tout au long de cette journée. Il évoque la puissance de l’esprit sur la réalité, la façon dont on occulte ce que l’on ne veut pas voir, sur la mémoire.

Ce texte , est comme un tableau en devenir, le peintre compose son tableau par petites touches, vous le regardez travailler, la peinture prend forme mais vous ne comprenez le sujet réel de la composition que lorsque celui-ci est terminé…et là c’est le choc.

Un livre qui vous laissera sans voix, et qui vous poursuit après le mot fin !

Editions Christian Bourgois, septembre 2013, 276p.

Note : 4/5 photo

Rentrée littéraire 2013 : Achats du jour

Rentrée littéraire 2013 : Achats du jour

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Les prochains livres qui seront chroniqués ici :

  • « La lettre à Helga » de Bergsveinn Birgisson, Editions Zulma
  • « Esprit d’hiver » de Laura Kasischke, Editions Cheistian Bourgois
  • « Danse Noire » de Nancy Houston, Editions Actes Sud
  • « Le dilemme du prisonnier » de Richard Powers, Editionsdu Cherche Midi, coll. Lot 49
  • « Dans le silence du vent » de Louise Herdrich, Editions Albin Michel

Je crois que comme chaque année depuis 3 ou 4 ans, je vais débuter cette rentrée littéraire par un roman islandais, cette année ce sera donc, « La lettre à Helga »

A très bientôt

 

 

« Bernadette a disparu » de Maria Semple

« Bernadette a disparu » de Maria Semple

images-38Voici un roman qui a été défendu et présenté comme génial par beaucoup de blogs littéraires ! je me méfie toujours devant une telle unanimité mais cette fois-ci ma curiosité à été piquée au vif et j’ai donc lu ce livre !

C’est l’histoire rocambolesque de Bernadette célèbre architecte, de son mari Elgie Branch génial informaticien chez Microsoft et de leur fille Bee à Seattle.

Bernadette complètement asociale et décalée par rapport à la vie communautaire de Seattle vit dans son monde. Lorsque Bee annonce fièrement qu’elle souhaite un voyage en Antarctique comme récompense à ses bons résultats scolaires, le fragile équilibre de cette famille mal assortie va voler en éclats et partir en vrille totale.

Les rebondissements sont permanents, ce roman foisonnant, amusant et finalement émouvant fourmille de ressorts narratifs étonnants.

Il faut attirer l’attention sur la forme narrative. Les presque 400 pages que compte ce roman ne sont constituées que de correspondances entre les personnages ( mails, lettres, rapports, notes etc. ) . En tant que lecteur, nous découvrons l’histoire par le filtre de tous les personnages s’adressant les uns aux autres et sous une forme très originale .

On perçoit bien, dans cette écriture, la formation de scénariste de l’auteur.

C’est donc un roman très agréable et amusant à lire. Ce n’est pas de la grande littérature, mais les personnages sont attachants et ça pourrait bien être la lecture idéale sur les plages de vos vacances si vous voulez un roman prenant et original, vous ne pourrez pas le lâcher !

Editions Plon, collection Feux Croisés, 2013, 381p.

Note : 3/5

 

 

« Le présage du corbeau » de Don Rearden

« Le présage du corbeau » de Don Rearden

images-37Surfant sur la tendance des romans de « l’apocalypse » ou de la » fin du monde » Don Rearden nous livre un roman captivant sur une communauté d’Inuits en Alaska, les Yupiks, confrontés à une épidémie de grippe qui anéantit toute la société.

Un couple d’enseignants, John et Anna, venus chercher l’aventure pour une année scolaire, va au sein de cette communauté , essayer de surmonter cette épreuve. Mais personne ne vient les aider.

John va devoir partir seul, dans le froid, et la nature sauvage, sans nourriture, afin de savoir si le monde extérieur existe toujours. Il va rencontrer dans ses pérégrinations une jeune yupik aveugle et une veille femme qui vont le suivre dans sa quête.

L’auteur, Don Rearden, a été élevé et vit lui-même en Alaska perdu dans les montagnes, il connait parfaitement la culture de ces Inuits, leurs problèmes de société, leur isolement, et la destruction de leur culture.

Dans ce roman, que l’on ne peut pas lâcher, il décrit parfaitement la nature, le froid, l’angoissant isolement et surtout les problèmes profonds de cette société ancienne originelle qui n’arrive pas à concilier les apports du monde moderne et leur culture ancestrale. Cette société est rongée par l’alcool et le suicide chez les jeunes.

Cette épidémie de grippe qui ravage toute la région, est elle fortuite ? est elle la simple répliques d’autres pandémies anciennes ? ou est elle le fruit d’une conspiration dont John et ses deux compagnes d’infortunes sont les seuls rescapés ?

Le mystère et le suspense dure jusqu’à la fin…

La forme narrative, un peu déroutante au début, alterne à chaque paragraphe les retours dans le temps, entre l’arrivée du couple d’enseignants dans la région et la fuite de John pour trouver le salut .

Mais, très rapidement on s’adapte et l’histoire finit par faire un tout parfaitement cohérent.

J’ai adoré ce livre haletant où la nature et la société Yupik sont des personnages à part entière. Pour un premier roman c’est un coup de maître !

Editions Fleuve noir, 2013, 344p.

Note : 4/5

 

« Dans la peau de Sheldon Horowitz » de Derek B. Miller

« Dans la peau de Sheldon Horowitz » de Derek B. Miller

images-34Voici un roman beaucoup plus complexe et profond qu’il n’y parait lorsqu’on lit la 4ème de couverture . Bien écrit et facile à lire, ce livre promet d’accompagner agréablement vos moments de lectures de vacances.

 Sheldon Horowitz est un vieil homme juif de 85 ans déclaré sénile par sa femme, qui après la mort de celle-ci se voit contraint de quitter New York pour habiter à Oslo chez sa petite fille Rhea et Lars son mari norvégien. Ce grand-père râleur, bougon et ronchon critique tout ce qu’il découvre de la Norvège si loin de sa vie d’horloger juif en retraite à New York. Un jour, en l’absence de sa petite fille, il est le témoin d’une agression mortelle sur une jeune femme serbe accompagnée de son fils. Terrorisé et persuadé que l’enfant court également un danger imminent, il s’enfuit avec lui à travers la Norvège.

Telle est la trame de l’histoire, nous suivons alternativement, l’enquête policière, les recherches de Rhea et Lars, la fugue de Sheldon avec l’enfant serbe et les méchants Kosovars qui les traquent.

En parallèle, les chapitres alternent des flashs back avec le passé de Sheldon et c’est là que le roman prend tout son intérêt. Nous découvrons, dans des récits réels ou fictifs l’histoire de Sheldon, aux Etats Unis et durant la guerre de Corée. Mais surtout sa grande blessure, la mort de son fils lors de la guerre du Vietnam dont il se sent responsable.

La personnalité de Sheldon se révèle particulièrement complexe et attachante lors des retours sur son histoire et son passé . L’histoire juive pèse lourd dans ses choix, dans son départ pour la guerre de Corée, mais aussi dans le départ de son fils pour le Vietnam. La culpabilité, le mélange entre la fiction et la réalité, la dynamique narrative donne un roman très riche où l’intrigue n’est qu’une excuse à un questionnement plus profond sur les conséquences des guerres ( que ce soit la 2ème GM, la Corée, le Vietnam ou le Kosovo ) sur l’engagement des hommes et les répercussions psychologiques.

Je dois dire que j’ai mis un peu de temps pour entrer dans cette histoire et me dégager de la contrainte de l’alternance des points de vue et du temps. Mais au final il reste un personnage, Sheldon, extrêmement attachant par ses engagements, ses contradictions et ses excès dont il va payer le prix fort.

C’est donc un roman que je recommande entre polar et réflexion sur la guerre, entre humour et angoisse, entre enfance et grand âge.

Merci à Babelio, Masse critique ainsi que les éditions Les Escales pour m’avoir permis de découvrir ce roman.

Editions Les Escales, 2013, 417p.

Note : 4/5

 

« Impurs » de David Vann

« Impurs » de David Vann

9782351780619Un huis clos familial oppressant comme David Vann nous l’a déjà proposé dans Sukkwand Island ou Désolations.

Mais contrairement à ses deux précédents romans, l’histoire ne se déroule pas dans les grands froids nordiques mais dans la chaleur suffocante de la Vallée centrale de Californie.

Galen, 22 ans vit seule avec sa mère Suzie Q dans la ferme familiale. La grand mère atteinte d’Alzheimer a été placée en maison de retraite. Galen est élevé seul, sans père avec une dévotion et un statut de quasi époux. Sa mère semble vivre dans une illusion permanente ou chaque jour doit ressembler à la veille et surtout rappeler sa jeunesse idéalisée.

Elle refuse que Galen fasse sa vie, des études et parte. Elle le maintient dans une relation pathologique dont le garçon n’échappe que grâce à ses délires New âge et son désir d’échapper à son enveloppe corporelle qui l’encombre…

Chaque jour, la soeur de sa mère et sa cousine de 17 ans Jennifer, viennen