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« Long Cours » et « Bouts du monde, carnets de voyageurs »

« Long Cours » et « Bouts du monde, carnets de voyageurs »

Le printemps s’installe enfin, la chaleur estivale pointe le bout de son nez, les envies de vacances et de voyages aussi . En attendant de pouvoir partir ou si vous ne pouvez pas réaliser vos rêves d’évasion, je vous propose de découvrir 2 magnifiques revues de voyages. Ce sont des revues littéraires proches du concept de la fameuse revue XXI, proposant de longs articles avec des illustrations à base d’aquarelles ou de photos. Les deux se complètent ayant une approche différente du récit de voyage.

images-32La première « LONG COURS », propose des articles essentiellement rédigés par des écrivains nomades de toutes nationalités ou de grands reporters érudits avec une approche originale qui n’a rien à voir avec les magazines d’informations ou de tourisme. Chaque article est un vrai voyage dans un univers à la fois géographique et littéraire. Le numéro du printemps 2013 propose notamment :

-Chili, pays de ma mémoire par Luis Sépulveda

-Le patrimoine Syrien en danger par Hala Kodmani

-Adieu aux glaces de Sylvain Tesson

-Sur les chemins de compostelle par Jean-Christophe Ruffin etc.

 

 

 

images-33La deuxième « BOUTS DU MONDE », carnets de voyageurs, est une revue superbe avec une approche radicalement différente puisqu’elle propose des articles, des extraits de carnets de voyage de tout un chacun. Chacun d’entre nous qui voyage et sait rédiger peut proposer ses textes, photos et dessins. Cela donne des articles très variés, et originaux avec des approches très personnelles.

Le numéro 14 propose des articles sur :

-Zanzibar en vélo

-Buénos Aires

-Les Rickshaw-wallahs de Dhaka

-La Birmanie etc.

Les deux revues sont trimestrielles et s’achètent en librairie. Elles coûtent l’une et l’autre 15 euros pour 150 à 200 pages chacune.

Allez les regarder et les feuilleter vous ne le regretterez pas !

« Patagonie intérieure » de Lorette Nobécourt

« Patagonie intérieure » de Lorette Nobécourt

images-27Un petit bijou de littérature de voyage à ne pas manquer ! 109 pages de pur bonheur d’écriture pour qui aime voyager, penser le voyage, être autre chose qu’un touriste prisonnier dans des schémas pré-digérés de visites en overdose.

Je n’ai qu’une crainte celle de ne pas arriver à vous convaincre de le lire, vous, voyageur dans l’âme.

L’auteur se rend en Patagonie avec pour objectif de vérifier, valider les éléments géographiques et historiques du héros de son prochain roman en cours d’écriture. Mais cette raison est un alibi, ce voyage en Patagonie, elle en a toujours rêvé et il suscite en elle des révélations sur LE voyage en lui même. La façon d’aborder un voyage est une sorte de révélateur sur la connaissance de soi. C’est autant un voyage géographique qu’un voyage intérieur, qu’elle découvre au fil des étapes.

Ses commentaires et réflexions sur les raisons profondes qui nous poussent à voyager, sa vision de la découverte, tout est parfaitement écrit dans une langue magnifiquement maîtrisée.

Ses descriptions des paysages sans fin sont à couper le souffle.

L’approche est très littéraire, il faut le préciser. Mais quel bonheur de lecture !

Je ne connais pas la Patagonie, même si j’en rêve, mais cet ouvrage aurait pu parler de l’Islande que je connais. Même dépaysement, même sensation que l’on rentrera différent de ce voyage.

Quelques extraits choisis pour vous donner un avant-goût :

  • «Quelle est cette quête d’un ailleurs qui n’existe qu’à l’intérieur de nous même?»
  • «Et faut il toujours reconvoquer l’épreuve du manque pour être augmenté de la présence par l’absence ?»
  • «Peux-t-on finalement, transmettre héritage plus précieux que celui de la soif suscité par le manque ?»
  • «Le paysage me rentre dedans. Je sens déjà la mémoire que j’en porte dans la poitrine pour l’avenir, lorsque de retour là-bas qui sera mon ici de demain, je réveillerai les images.
  • «Ce que je vois, ici: c’est la terre qui nous regarde. Et c’est cela qui nous fait si timides… Dans les fjords, les fragments de terre sont des lettres perdues qui cherchent leur phrase. Alors, nous ne pouvons que faire silence.»
  • «Je pousse la porte. Je suis dehors, non je suis dedans, je suis dans l’envers du monde. Il existe un envers du monde qui est à l’endroit. Et c’est ici . La Patagonie c’est cela, ce n’est pas le bout du monde mais son envers à l’endroit, où se dressent majestueux les dieux et déesses qui peuple cet univers enversé
  •  «Ce n’est pas un paysage c’est une porte… cette porte ouvre à l’intérieur de soi.»
  •  «En arrivant à Punta Arenas, une publicité me saute aux yeux … » En Patagonie les chats ne sont pas domestiques » un énorme puma illustre le slogan. Cela m’enchante.»
  • «Ushuaïa, ce n’est pas le bout du monde, non, seulement une petite ville où les magasins le prétendent.»
  • « La démesure n’a que la mesure pour avoir accès à elle-même. L’infini ne possède que la limite pour exister. « 
  •  «Il n’y a rien-rien-rien- Sinon des étendues illimitées qui profanent l’habitude du regard et le forcent à se perdre…Rien, des autruches, comme de drôles de chapeaux mondains égarés, plumes au vent.»

Chaque phrase de ce petit livre arrive en résonance dans notre façon de concevoir le voyage.

A LIRE A RELIRE ET A OFFRIR !!!!

Editions Grasset, 2013, 109p.

Note : 5+/5